Varappe.fr - les techniques de sécurité en escalade -La chute

Attention internautes séduis par l’escalade, sachez que sa pratique peut être dangereuse et que lire les lignes qui suivent ne vous suffiront pas à faire de vous un expert de la technique. Pour vos premiers pas, prenez conseil auprès de professionnels (une journée, voire une demie journée peut suffire). Ceci étant dit, les conseils qui suivent vous permettrons de vous familiariser avec la discipline et peut être vous éviteront-elles de graves erreurs.

Que vous soyez déjà amateur ou non vous allez pouvoir réviser !

Pour vous évitez de répondre aux questions du type : tiens comment on fait un relais déjà ? alors qu’une vingtaine de mètre plus bas votre second s’impatiente... ou encore se demander si votre petit cousin se rappelle bien tous vos bons conseils quant à l’assurance du leader, vous en l’occurrence .....( C’est fou comme ces toutes petites choses peuvent prendre de l’importance dès que l’on est à plus de 3 ou 4 mètres du sol ), j’ai réuni ici quelques petits conseils élémentaires de sécurité, que tout grimpeur devrait connaître sur le bout de ses petits doigts écorchés.
Mais comme la maîtrise passe par la connaissance, bien assurer nécessite de comprendre le mécanisme de la chute. Toute les chutes ne se valent pas et ce n’est pas les plus spectaculaires qui peuvent être les plus dangereuses....

Si passer du 7 b+ est réservé à certains initiés, chuter par contre concerne tout le monde... et c’est bien là le problème.

Le danger ne vient pas de la chute elle même mais de sa force. Vous pouvez tombez de 10 mètres et assurer une réception sans aucun problème, alors qu’une chute de 2 mètres peut s’avérer plus dangereuse :

Tout dépend du facteur de chute.

C’est le moment de faire un peu de physique : quand un corps chute, il accumule de l’énergie. Plus la chute est longue... plus il y a d’énergie en jeu. Quand la chute se termine, cette force accumulée ( force de choc ) se répartie entre tous les éléments de la chaîne d’assurance (baudrier - dégaines - point de renvoi....) et bien sûr vous ! le grimpeur.

Plus il y a d’éléments entre vous et votre second, plus l’énergie est démultipliée.

C’est pourquoi la gravité de la chute n’est pas essentiellement due à sa longueur mais à sa force, c’est à dire au rapport entre celle ci et la longeur de corde déployée pour l’amortir.
Soit Lc = la longueur de la chute et L : la longueur de corde déployée entre vous et votre second, le facteur de chute = Lc/L
Plus le résultat est proche de 2, plus la chute est dangereuse. Dangereuse pour le matériel qui risque de lâcher s’il est soumis à plusieurs « facteur 2 » mais surtout pour vous : Le choc risque d’être violent

Le facteur de chute peut même être supérieur à 2. C’est notamment le cas de ces inconscients qui pratiquent la via ferrata avec une longe statique sans être encordés. Le risque de voir éclater le baudrier ou le mousqueton de sécurité est largement décuplé (le nombre d’accidents de ce type est déjà impressionnant). En effet, la longueur de la chute entre deux points peut être de 10 mètres alors que la longe mesure en général 1m50 : soit un facteur chute de 10/1,5 = 6,66, peu de chance d’en sortir indemne. C’est pourquoi pour la via ferrata des amortisseurs de chute ont été développés afin de réduire le force la chute.


Comprendre l’impact du facteur chute vous permettra d’appréhender au mieux les risques encourus selon la situation dans laquelle vous vous trouvez.

Par exemple : Au départ du relais vous vous apercevez que par un caprice de l’ouvreur le premier point de renvoi est situé à plus de 5 mètre du relais... que diable, vous partez quand même.
Manque de chance (et parce que c’est l’exemple !) vous chutez alors que vous alliez mousquetonner votre dégaine.

La situation : Longeur de corde entre le relais et vous : 5 mètres.
Longueur de votre chute au maximum : 10 mètres ,
vos 5 mètres durement conquis + les 5 de corde déployée (tout cela sans compter l’étirement de la corde).

Votre facteur chute : 10 / 5 = 2 ! Risque Maximum.

Dans le cas où votre second ne lâche pas la corde sous le choc, ne se brûle les mains ou ne soit projeté contre la paroi, vous allez franchement recevoir ! ! ! ! !

Comment l’éviter

 

Placer un point de renvoi juste au dessus du relais. Par exemple à 2m50. Résultat votre longueur de corde déployée est toujours de 5 mètres mais si vous ne chuttez à 2,50 m au dessus de la dégaine, vote facteur est de  2,5 / 5 = 0,5.

Le point de renvoi absorbe une partie de la force de chute. S’il n’existe pas, le point de renvoi peut être ajouté (coinceurs....) ou alors il faut bien prévoir le coup et placer la première dégaine de la seconde longueur alors que vous êtes encore dans la première longueur et ensuite redescendre en moulinette jusqu’au relais.

Tout ceci est un peu alarmiste mais mieux vaut prévenir que guérir... et un tiens vaut mieux que deux tu l’auras et pourquoi pas pierre qui roule n’amasse pas mousse ?

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